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Une exposition permanente consacrée à l'affaire Dreyfus, 120 ans après sa réhabilitation, ouvre à Rennes où a eu lieu le procès en révision de 1899, avec une présentation axée sur la lutte contre l'antisémitisme

Une exposition permanente consacrée à l'affaire Dreyfus, 120 ans après sa réhabilitation, a ouvert à Rennes où a eu lieu le procès en révision de 1899, avec une présentation axée sur l'éducation aux médias et la lutte contre l'antisémitisme.

Condamné en 1894 par un tribunal militaire pour avoir prétendument transmis des documents à l'Allemagne, le capitaine Alfred Dreyfus, issu d'une famille juive alsacienne, est déporté au bagne de Guyane, dans ce qui est considéré comme l'une des plus grandes injustices du XIXe siècle.

Dans le sillage du "J'accuse" d'Émile Zola, la Cour de cassation, en juin 1899, casse le jugement de 1894 et un nouveau procès a lieu à Rennes, qui possède de multiples garnisons et un tribunal militaire.

Vingt ans après l'ouverture aux Champs libres d'une première exposition dédiée à "l'Affaire", le musée de Bretagne en inaugure une nouvelle dans le même lieu avec comme ambition de "faire dialoguer l'histoire avec le présent et la rendre accessible aux jeunes", explique Céline Chanas, directrice du musée. "Désinformation, justice médiatique, discriminations: les parallèles avec notre époque sont troublants.

A l'heure où l'opinion publique se forge parfois en quelques clics, revisiter l'affaire Dreyfus devient un acte presque nécessaire", soutient-elle. Ainsi, un parcours, sous forme de jeu, permet de trouver des preuves de l'innocence de Dreyfus après qu'un influenceur imaginaire a remis en cause sa culpabilité dans une vidéo.

"On a eu cette idée d'intéresser le plus grand nombre, notamment les adolescents, avec quelques trouvailles scénographiques comme cette forme d'escape game", relève Laura Bourdais, médiatrice culturelle. L'exposition suit un parcours de six séquences: l'homme derrière l'Affaire qui permet de cerner sa personnalité, les grandes étapes de l'Affaire avec la présentation de caricatures et d'objets antisémites, le déroulement du procès de Rennes, sa couverture par les médias, les soutiens inconnus de Dreyfus avec des milliers de lettres envoyées, dont certaines du Chili ou d'Australie, et enfin la réhabilitation.

Pour concevoir cette exposition, gratuite et labellisée "d'intérêt national" par le ministère de la Culture, le musée de Bretagne s'est appuyé sur sa collection de plus de 8.000 documents, constituée dès 1899, puis enrichie grâce à des dons de la famille Dreyfus ou des achats sur le marché de l'art.

Au sein du conseil scientifique figurent Michel et Charles Dreyfus, respectivement arrière petit-fils et petit-fils d'Alfred Dreyfus (1859-1935) ainsi que Paul Salmona, directeur du musée d'art et d'histoire du judaïsme de Paris.

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