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Le gouvernement tchèque approuve un projet de loi supprimant la redevance audiovisuelle et prévoyant de financer la radio et la télévision publiques sur le budget de l'Etat

Le gouvernement nationaliste tchèque a approuvé, malgré les inquiétudes sur l'indépendance, un projet de loi supprimant la redevance audiovisuelle et prévoyant de financer la radio et la télévision publiques sur le budget de l'Etat.

"Nous rejoignons ainsi la plupart des pays de l'Union européenne (UE) qui ont déjà renoncé à cette méthode de financement dépassée", a déclaré aux journalistes le ministre de la Culture, Oto Klempir. Le projet de loi doit être approuvé par le gouvernement et les deux chambres du parlement, puis promulgué par le président pour entrer en vigueur le 1er janvier 2027.

Le gouvernement tripartite du milliardaire Andrej Babis, composé de son parti ANO et des parti d'extrême droite SPD et La voix des automobilistes, avait promis cette réforme lors de son entrée en fonction en décembre. Les médias recevront des montants fixes correspondant aux sommes qu'ils percevaient chaque année en redevance sur la période 2008-2024, avant que le précédent gouvernement de centre droit ne les augmente.

M. Klempir, un ancien rappeur qui est désormais une figure du parti eurosceptique La Voix des Automobilistes, a indiqué que les versements seraient indexés sur l'inflation. Plus de 200.000 personnes avaient manifesté à Prague le 21 mars, dénonçant notamment ce projet de loi. Les dirigeants de la télévision et de la radio tchèque (Ceska televize, Cesky rozhlas) ont estimé en avril que la réforme ouvrait la voie "à l'incertitude juridique, aux pressions extérieures et à un affaiblissement de l'autonomie éditoriale". Les personnels ont annoncé une grève sans en préciser la date.

L'ONG Reporters sans frontières (RSF) a jugé le projet "incompatible avec le règlement européen sur la liberté des médias (EMFA)", appelant la Commission européenne à intervenir. Depuis la nomination du gouvernement tchèque, RSF a documenté 13 attaques politiques contre les médias dans ce pays de 10,9 millions d'habitants.

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