drogue Après de nouvelles révélations dans l'affaire de l'incendie de Crans-Montana en janvier dernier, deux avocats réclament aux magistrats suisses une requalification des charges pesant sur le couple Moretti.
Selon des informations de la radio-télévision publique suisse (RTS) confirmées à l'AFP par le ministère public du canton du Valais,
les deux Français co-propriétaires du bar ont eu des échanges avec des employés attestant de leur connaissance d'un risque d'incendie.
Me Sophie Haenni, avocate des proches d'une serveuse décédée dans le drame qui a fait 41 morts, et Me Ludovic Tirelli, qui représente plusieurs familles de victimes, ont récemment écrit aux magistrates en charge de l'enquête.
Les deux confrères soutiennent que des échanges révélés lors de la confrontation des époux le 5 juin permettent aux magistrates d'inculper Jacques et Jessica Moretti, principaux mis en cause dans ce dossier, pour «meurtre par dol éventuel» et non plus pour «homicide par négligence». Le droit pénal suisse considère que le dol éventuel existe lorsqu'une personne n'a pas l'intention directe de provoquer un résultat, mais envisage sérieusement sa survenance et l'accepte malgré tout. Les peines encourues peuvent aller jusqu'à la prison à vie.
Me Haenni a en effet confirmé à l'AFP avoir remis au ministère public des messages de discussion WhatsApp datant de 2019 et attestant de la connaissance d'un risque d'incendie par Jessica Moretti en cas de contact des étincelles de bougies «fontaine» avec le mobilier, la moquette ou la mousse insonorisante au plafond du sous-sol du bar de la station de ski suisse. Or, selon les premiers éléments de l'enquête, c'est bien un contact entre les étincelles et la mousse insonorisante qui aurait déclenché, la nuit du nouvel an, l'incendie du bar Le Constellation qui a fait 41 morts et 115 blessés, dont de nombreux étrangers.
«Cet échange démontre que le couple Moretti était parfaitement conscient du caractère hautement inflammable de la mousse acoustique. Il a pourtant quand même demandé à (la serveuse française) Cyane de monter sur les épaules d'un employé avec des bouteilles jonchées de bougies dans les mains», a déclaré Me Haenni. «Les Moretti savaient que le bar pouvait prendre feu. Ils étaient conscients du risque encouru et ils s'en sont accommodés. Ce n'est plus la négligence qui doit être retenue, mais le meurtre par dol éventuel.» De son côté, Me Tirelli n'avait pas pu être joint par l'AFP.
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