Anthony Head La marge pratiquée par les supermarchés sur les fruits et légumes bio est "en moyenne 81% plus élevée" que pour le non bio, au détriment des consommateurs et agriculteurs, déplore Que Choisir Ensemble (ex-UFC Que Choisir) dans une étude contestée par les distributeurs.
La semaine dernière, une commission d'enquête sénatoriale dénonçait dans un rapport, fermement critiqué par les enseignes, "les marges élevées pratiquées sur les aliments sains pour compenser les prix artificiellement bas des produits d'appel ultra-transformés", rappelle l'association de consommateurs dans un communiqué.
Or "ce mécanisme de péréquation renchérit considérablement le prix des fruits et légumes bio", affirme-t-elle. A partir de "données officielles du Réseau des Nouvelles des Marchés (RNM), placé sous tutelle du ministère de l'Agriculture", Que Choisir s'est penché sur un panier de "24 fruits et légumes" en comparant les prix en grande surface "du conventionnel (non bio, NDLR) et du bio sur l'ensemble de l'année 2025".
Pour calculer la "marge brute" des supermarchés sur ces produits, elle a retranché le prix agricole "payé par les distributeurs aux agriculteurs" - plus élevé dans le bio en raison de rendements inférieurs -, du prix payé par les consommateurs (hors TVA).
Résultat, cette marge s'avère en moyenne "81% plus élevée" pour le bio, un chiffre dans la lignée de précédentes enquêtes de l'association qui dénonce "une pratique structurelle et délibérée".
Pour la tomate bio, par exemple, "le prix agricole n'est que 44% plus élevé qu'en conventionnel, mais la marge de la distribution est 113% plus élevée", selon Que Choisir, qui appelle les enseignes à "modifier" leur "politique de tarification en faveur des produits les plus sains".
Mais pour la Fédération du secteur (FCD), "toutes les données disponibles et publiques montrent qu'il n'existe pas de +surmarge+ de la grande distribution sur les produits bio par rapport aux produits conventionnels", selon une déclaration de sa directrice des études, Isabelle Senand, transmise à l'AFP.
Les travaux de l'OFPM (Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires), notamment, "confirment des niveaux de marge brute comparables, et parfois inférieurs, à ceux observés sur le conventionnel ou dans les circuits spécialisés", ajoute-t-elle.
"Les prix plus élevés en bio reflètent avant tout des coûts de production, de logistique et de conservation plus importants", insiste Mme Senand, appelant aussi à distinguer marge brute et marge nette.
Vos réactions
Ils vendent le coca et les chips à prix coutant ou presque et margent comme des fous sur les fruits et légumes. On le savait déjà qu'ils se foutaient du monde, mais au moins là avec ces chiffres officiels c'est acté.
Réagissez
Nouveau ?
Inscrivez-vousDéjà membre ?
Mot de passe oublié ?