booba Des peines d’une à sept années de prison ferme ont été prononcées par la justice française, à Lille (nord) à l’encontre de 19 personnes ayant pris part à un réseau d’acheminement de matériel nautique pour des passeurs de migrants vers l’Angleterre à travers la Manche.
Leur procès s’est tenu début avril au tribunal de Lille pour « aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d’un étranger en bande organisée » et « participation à une association de malfaiteurs ».
Suivant des degrés d’implication divers, du « guetteur » aux « têtes pensantes » en passant par les chauffeurs, tous ont été condamnés pour leur participation à un réseau de transport de matériel nautique (canots pneumatiques, gilets de sauvetage) d’Allemagne, où ces équipements étaient stockés, jusqu’au littoral du nord de la France, où ont lieu les départs clandestins vers l’Angleterre.
Âgés de 22 à 49 ans, les 19 condamnés, parmi lesquels une femme, sont majoritairement originaires d’Irak, mais aussi de Turquie et de Syrie.
Les deux peines les plus lourdes ont été prononcées à l’encontre de deux Irakiens considérés comme les « têtes pensantes » du réseau, également poursuivis pour « blanchiment aggravé en bande organisée ».
L’un, âgé de 45 ans, a été condamné à sept ans de prison et 80.000 euros d’amende; le second, âgé de 34 ans, a écopé de six ans d’emprisonnement et de 100.000 euros d’amende.
La seule femme poursuivie, une Turque de 44 ans, a été condamnée en son absence à deux ans de prison ferme et 10.000 euros d’amende.
La peine la plus faible, deux ans de prison dont une année avec sursis et 5.000 euros d’amende, a été prononcée à l’encontre d’un jeune Syrien de 22 ans. Tous ont été condamnés à une interdiction définitive du territoire français.
Développée à partir de 2023 par les passeurs à la frontière franco-britannique, la méthode des « taxis-boats » consiste à mettre à l’eau des canots pneumatiques loin des zones surveillées.
Ces embarcations rejoignent ensuite discrètement les plages où les attendent des migrants, qui embarquent alors par dizaines directement dans l’eau, dans des circonstances souvent chaotiques et donc très dangereuses.
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