05/03 14:00

Une amende de 5.000 euros requise à l’encontre de l’organisateur d’une messe en hommage à Philippe Pétain en novembre dernier, poursuivi pour "contestation publique de crime contre l’humanité"

Une amende de 5.000 euros a été requise mercredi à Verdun à l’encontre de l’organisateur d’une messe en hommage à Philippe Pétain, poursuivi pour « contestation publique de crime contre l’humanité » pour avoir affirmé que le chef du régime de Vichy avait « sauvé » des juifs. À l’issue des débats, le tribunal correctionnel a mis sa décision en délibéré au 20 mai, à 14 heures.

À la barre, Jacques Boncompain, président de l’Association pour défendre la mémoire du Maréchal Pétain (ADMP), a insisté sur l’aspect selon lui « insupportable » de cette convocation. « Rendez-moi mon honneur! », a lancé aux juges le prévenu de 84 ans aux cheveux blancs.

Le 15 novembre, à la sortie d’une messe qu’il avait organisée en hommage au maréchal Pétain dans une église de Verdun, il l’avait qualifié de « plus grand serviteur de la France du XXe siècle ».

L’événement avait réuni une centaine de manifestants venus s’opposer à cet hommage, ainsi que de nombreux journalistes dont les caméras avaient enregistré les propos litigieux. Pendant la Seconde guerre mondiale, Pétain « a sauvé, devant témoins je peux le dire, au moins 700.000 juifs », avait ainsi déclaré le vieil homme, selon une vidéo mise en ligne par le journal L’Est républicain.

Fustigeant une « forme de négationnisme et de révisionnisme historique et judiciaire », la procureure de la République Delphine Moncuit a estimé que M. Boncompain avait voulu remettre en cause une « vérité historique et juridique établie » afin d’« exonérer le régime de Vichy » de son rôle dans la déportation des juifs de France.

Compte-tenu du casier judiciaire vierge du prévenu, de son grand âge, de ses problèmes de santé et d’une expertise psychiatrique ayant montré une « altération de son discernement », elle a requis 5.000 euros d’amende.

Pendant quatre heures, de nombreux débats historiques ont retenti au sein de la salle d’audience baptisée Georges Blume, du nom d’un greffier né à Verdun et mort déporté en 1944, comme l’a soulevé dans sa plaidoirie Me Julien Bensimhon, avocat de la Licra et de l’Observatoire juif de France.



 

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