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Jusqu'à huit mois de prison avec sursis ont été requis hier contre deux militants d'Extinction Rebellion qui reconnaissent partiellement avoir dégradé d'immenses bâches publicitaires à Bordeaux

Jusqu'à huit mois de prison avec sursis ont été requis hier contre deux militants d'Extinction Rebellion qui reconnaissent partiellement avoir dégradé d'immenses bâches publicitaires à Bordeaux en 2019 et 2020, dont l'une représentait Brad Pitt, mais dénoncent un "procès bâillon". Âgés de 49 ans et 33 ans, ils ont comparu en correctionnelle pour dégradations en réunion sur ces publicités couvrant l'emblématique place de la Bourse, sur les quais de Bordeaux, alors en travaux.

Un portrait de l'acteur avait été lacéré et son oeil peint en rouge. Le ministère public a requis six à huit mois de prison avec sursis contre le plus âgé, qui admet être "à l'initiative" des six actions menées au moment de manifestations de "gilets jaunes", ainsi qu'un stage de citoyenneté.

"Il va entraîner avec lui dans l'escalade de cet échafaudage plusieurs personnes qui se mettent en situation de danger", a pointé la procureure, citant notamment l'autre prévenu, contre qui elle a requis des travaux d'intérêt général.

Quelque 75.000 euros de préjudice ont été réclamés par l'entreprise publicitaire qui déployait les bâches, et 70.000 euros par la chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Bordeaux, propriétaire du palais de la Bourse.

Les deux militants écologistes, dénonçant "l'urgence climatique", ont pointé l'impact environnemental des annonceurs, comme les constructeurs automobiles Renault et Audi, le géant technologique Huawei ou Boursorama Banque, dont Brad Pitt était l'égérie.

"Je suis monté sur ces échafaudages comme un poète, comme un clown triste. (...) C'était un moment de Grand-Guignol", a expliqué le prévenu quadragénaire, dénonçant une "répression très dure" et un "procès bâillon".

L'autre prévenu n'a reconnu que deux faits. L'entreprise partie civile a défendu la légalité des publicités, censées rapporter à la CCI 40% des 3 millions d'euros de réfection de la toiture.

"Ils pensaient attaquer des multinationales, ils ont attaqué une PME" de 30 salariés, a fustigé un dirigeant. "C'est un acte de désobéissance civile chimiquement pur", a répliqué en défense Me Vincent Brengarth, plaidant la relaxe. La décision a été mise en délibéré au 11 mars.

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