

Le directeur de la publication de Charlie Hebdo, Philippe Val, mais aussi deux chroniqueurs Charb et Cavanna prennent la plume mercredi dans l'hebdomadaire au sujet de l'affaire du caricaturiste Siné, le premier exprimant sa "lassitude", les deux autres parlant d'affaire "grotesque" ou "montée en mayonnaise".
Dans un éditorial intitulé "Antisinétisme", Philippe Val "avoue sa lassitude" après deux semaines de polémique faisant suite au départ de Siné. "Mais je suis sûr d'avoir été fidèle à nos valeurs communes et c'est ma consolation", écrit Philippe Val qui se défend point par point dans cette affaire.
Dans une chronique publiée le 2 juillet par Charlie Hebdo, Siné ironisait sur l'éventualité de la conversion au judaïsme de Jean Sarkozy avant son mariage, annoncé par la presse, avec la fille du fondateur des magasins Darty.
Philippe Val avait justifié la fin de la collaboration avec le caricaturiste dans Charlie Hebdo en expliquant que les propos de Siné "pouvaient être interprétés comme faisant le lien entre la conversion au judaïsme et la réussite sociale et ce n'était ni acceptable ni défendable devant un tribunal". Siné s'était défendu depuis à plusieurs reprises de tout antisémitisme et porté plainte contre "tous ceux" qui le traiteraient de la sorte.
Une pétition de soutien à Siné a rassemblé de nombreuses personnalités. "La laïcité moderne, c'est d'abord lutter contre le racisme", affirme mercredi Philippe Val qui se défend d'avoir défendu Jean Sarkozy en raison de sa filiation. "Il aurait été le fils de personne, ça aurait été pareil", dit-il.
Pour Cavanna, l'un des fondateurs du journal satirique, Siné est un "provocateur dans l'âme". "L'affaire se réduit à (...) une plaisanterie, certes dangereuse mais occasionnelle, de Siné, une erreur d'appréciation de Val. (...) Pas de quoi fouetter un chat", ajoute Cavanna. Puis à l'adresse de Siné: "Et tous ces cons qui t'encensent, ça te monte à la tête, te voilà martyr. Martyr de quelle cause? D'un malentendu monté en mayonnaise", ajoute-t-il.
Pour Charb, rédacteur en chef adjoint, "la disparition de la colonne de Siné est à la fois un échec personnel et un échec professionnel". "Tous les protagonistes de cette histoire ont dû sérieusement merder (moi aussi) pour que le débat, qui s'est élargi à toute la France, tourne autour de l'antisémitisme de Siné", estime Charb. "Aurait-on travailler durant seize ans avec un antisémite? Moi non", ajoute Charb qui parle de "grotesque affaire".
(c) AFP

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